dimanche 7 juin 2009

Seul à Santorin 2705 au 3105 - 2
















Je fais une suite, parce que Santorin est un lieu tellement beau que cela me permet de vous passer quelques photos supplémentaires.






La photo N°1 représente la partie sud de l'île vue de THIRA ; c'est la paroi sud-est du cratère ; à droite, l'autre ile du centre du volcan, Paléa Kameni.






Lorsqu'on repart de la chora vers le sud, une petite route en lacet permet de descendre jusqu'au nouveau port de Santorin, Athinios où accostent les gros ferries. De cette route, en regardant vers le N, on a à nouveau une belle vue de l'ile ; on remarque un tanker entouré de barrières flottantes anti-pollution et qui constitue, semble t'il, la réserve en carburant de l'ile (photo N°2). Au loin, au NNW, l"ile de Sikinos. En Haut à droite, derrière Néa Kaméni, l'île de Thirasia formée par la partie NW de la paroi du volcan.






Si on poursuit la balade à la partie S W de l'ile de Santorin, vers le cap Akrotiri, on trouve la plage "rouge" d'Akrotiri, très prisée par les touristes, bordée de roches volcaniques rouges-brunâtres (Photo N°3). Sur le chemin qui y mène, une jolie chapelle blanche semble sur le point d'être écrasée par la lave (Photo N°4). Lors de l'éruption, Akrotiti a été recouvert de laves et de cendres; des fouilles relativement récentes ont mis à jour un village minoen, appartenant donc à la même civilisation que celle qui dominait la Crête et qui a été littéralement balayée, engloutie par le tsunami ; malheureusement le site archéologique est fermé ; je n'ai pas pu visiter à mon grand regret.






Sur le chemin du retour vers VLIKHADA, près d'Emporio, les vignes sont très nombreuses, expliquant la réputation des vins de Santorin ; sur la photo N°5, une propriété plantée de vignes sous une crête ventée qui porte une série de vieux moulins en ruine. A noter que commencent à apparaître avec parcimonie des éoliennes modernes ; sans doute une bonne solution pour ces iles soumises aux fantaisies d'Eole, mais qui implique la coexistence de centrales thermiques polluantes pour pallier les "pannes" de vent. Pour le moment notre oeil de touriste reste choqué par ces moulins du 21ème siècle dans des endroits aussi beau, mais je crois que nous allons vite nous y faire.

A Santorin en attendant Alix 26 au 30 mai

















Bien à l'abri dans mon petit port de Vlikhada (Photo 1), je mets à profit les 4 jours d'attente pour nettoyer le bateau, et effectuer les entretiens nécessaires.






Tout d'abord, la vidange et l'entretien du moteur diesel qui me prennent un après-midi, sans difficulté particulière. Faire tourner un peu le diesel pour chauffer l'huile, puis introduire le tuyau en plastique et pomper (j'ai acheté à Marmaris une pompe neuve) l'huile usagée dans une bouteille vide. Pas de changement du filtre à huile, ce sera pour la prochaine vidange. J'en profite pour démonter la pompe à eau et changer systématiquement le rotor ; bonne idée, celui que j'avais mis en place en Sicile quand j'étais tombé en panne de moteur commençait à se fissurer à la bas des pales. C'est tout de même plus facile à faire au port que dans une mer un peu forte!






Le lendemain est consacré au dinghy ; j'ai vérifié qu'il était tout mou une heure après le gonflage. Je gonfle les boudins, frotte dessus à l'eau savonneuse et finit par repérer 3 petits points de fuite à l'avant près de l'attache. IL s'agit manifestement d'une malveillance, sans doute un plaisancier peu plaisant qui avait été gêné par le dinghy quand François le nettoyait à Marmaris. C'était d'ailleurs l'impression de François car quand il avait gonflé l'annexe pour la nettoyer, au départ elle ne fuyait pas. Je découpe 3 petites pièces dans le kit de réparation que j'ai pu trouver chez un shipchandler de Santorin (pourquoi les ships grecs sont ils toujours installés dans la montagne et non sur la côte???). Bien sur je n'ai pu faire cette course qu'en louant une voiture ; VLIKHADA est d'ailleurs très isolée, et en dehors de 3 tavernas, on n'y trouve strictement rien à moins de 4 km. Vérification après réparation : le dinghy met plusieurs heures à se dégonfler ; il ya sans doute encore un petit trou, mais l'autonomie est suffisante pour aller à terre d'un mouillage...en emportant le gonfleur.






Maintenant que c'est à jour, le 29, je vais enfin visiter Thira, la capitale de l'île située en surplomb de la caldera (la chaudière, nom donné au vaste cratère du volcan noyé par la mer). Pour mémoire, je rappelle que l'explosion du volcan en 1450 avant JC (3457 avant l'avènement de notre bon souverain N. le petit) a détruit l'île et sans doute par le tsunami secondaire à l'explosion ravagé la Crête pourtant distante de plus de 100km en faisant disparaître la civilisation minoenne. Il faut dire que le cratère de Santorin est plus vaste que celui du Krakatoa responsable d'une explosion similaire il y a un siècle.






Thira est vraiment charmante, mais envahie de touristes vissés à leurs objectifs, et il y fait très chaud à midi. Dans la journée, ça donne ça (Photo N°2). Entre les restaurants chicos, on a de beaux aperçus de l'île centrale du volcan, Nea Kameni, réapparue à l'occasion d'autres périodes d'activité du volcan, assez récemment (Photo N°3); elle est parait-il infestée de gros rats qui n'hésitent pas à monter sur les bateaux ; une escale à éviter.






De luxueuses demeurent partent à l'assaut de la falaise brun-noirâtre , par endroits rougeatre (Photo N°4). Un téléphérique installé (Photo 5) récemment permet de monter du petit port à la chora ; ce port n'a guère de place pour les bateaux de passage (il faut s'accrocher à une tonne et porter un bout à terre ; quand une dizaines de batiment sont amarrés ainsi, bonjour l'angoisse pour ceux du milieu lorsqu'ils veulent partir ; sans compter le ressac dû au manège incessant des promène-...touristes).

D'Astipalia à Santorin 25 et 26/05

















Maintenant que je suis rassuré sur le sort de François, il me reste à aller à Santorin où nous avons rendez-vous avec Alix, ma fille qui vient passer 15 jours sur Ticotte jusqu'à Kalamata dans le Pélopponèse. La distance n'est pas très grande en faisant une étape sur la petite île d'Anafi. Je vais quitter le Dodécanèse pour les Cyclades du sud. Le départ est d'autant plus nécessaire que la pendille à laquelle je m'étais amarré après avoir raté le larguage de l'ancre ne cesse de mollir. Deux fois par jour j'en tire un bon mètre pour la raidir, et je comprend qu'il s'agit d'une pendille personnelle fixée à un gros caillou au fond du port et non à une chaîne mère. heureusement le vent vient de face mais est modéré, et pour soulager la pendille, je finis par laisser l'arrière du bateau s'appuyer au quai, bien protégé par 3 défenses.






La veille, pour préparer l'éventuel retour sur Kos si François ne trouvait pas une place dans l'avion pour Athènes, j'avais fait l'avitaillement en fuel, et surtout démêlé la chaine d'ancre et la pseudo-pendille pour être clair au départ.






Le 25 à 10h20, la pendille est larguée, et je touche un bon vent du NW, force 4 à 5 donc au près sans excès puisque la route générale est vers l'Ouest-sud-ouest. La mer est un peu agitée, et sous le vent d'Astipalia, je touche des rafales à 25 kts qui amènent le loch jusqu'à 6 Kts sous génois seul pendant la première partie du trajet face au sud. La pointe S de l'ile franchie, je peux hisser la GV et remplacer le foc par la trinquette tout en maintenant l'allure vers 5 Kts sous voiles seules (Photo 1 sous le vent d'Astipalia). Je regrette bien que François n'ait pu partager ces moments de vraie voile (plus de 4 heures sans moteur sur les 8 de traversée. Anafi se profile vite à l'horizon (Photo 2)






A 18h30, mouillage par 5 mètres de fond en face de la skala d'ANAFI, grand îlot aride, dont la chora ne serait pas dépourvue de charmes. Je renonce à gonfler l'annexe qui se dégonflait en 2 heures après le nettoyage de François. Nous sommes 4 voiliers bien aloignés au mouillage (Photo N° 3).ANAFI était censée être un cadeau d'Apollon aux argonautes ; il l'avait fait surgir des flots pour leur offrir un refuge lors d'une tempête ; décrite autrefois comme très verte, elle est maintenant plutôt désertique.






Le 26, sachant que le chemin restant n'est pas bien long, je prend mon temps et ne largue l'ancre qu'à 11h30. Le vent est secteur nord-ouest, à 6 au début puis 4, permettant une moyenne honorable à la voile au près bon plein. Et la mer est plate au début, un peu plus agitée en fin de parcours. Une jolie rencontre (Photo N°4)






Pour Santorin, je n'essaie pas de rentrer dans le cratère ; il y a au sud un petit port très bien abrité où on peut laisser sans crainte le bateau pour explorer l'île ; autant en profiter. A 15 h 30, je suis même accueilli par un marinero qui m'aide à m'installer à couple d'un bateau de location. Passage à la capitainerie ; comme je veux rester au moins 5 jours, il me propose de changer de place, et m'attend à quai ; le vent est encore à F4 dans le port, et la manoeuvre tout seule est difficile ; en manoeuvrant, le bimini heurte l'ancre d'un gros voilier ce qui lui tord un peu son inox avant babord ; les braves gens à bord qui n'ont pas levé le petit doigt pour m'aider se précipitent pour constater des dégâts inexistants ; on voit vraiment de tout sur les voiliers de location.






En tout cas me voilà à une place à quai (Photo 5), avec eau, électricité et WIFI ; exceptionnel pour la Grêce. Je recommande vivement le port de Vlikhada pour ceux qui veulent se rendre à Santorin, en tout cas en mai ; car en haute saison, je pense que les capacités modestes sont vite saturées.

jeudi 4 juin 2009

Astipalia Accident de François 23 et 24/05

















Le 23 mai, le temps est beau, la météo favorable et nous quittons NISIROS à 9h00 vers Astipalia, une île en forme de papillon, la plus occidentale du Dodécanèse.Pendant ce temps, Jean Yves est arrivé à Mikonos, qui ne lui plait pas (de la daube nous textote t'il), et nous nous demandons même si nous n'avons pas le temps de faire un saut plus au Nord pour le surprendre avant de gagner Santorin où je dois retrouver Alix.





François est tenté par le mouillage très fermé de Vathy, à la partie NW de l'aile droite du papillon, à distance de la capitale de l'île qui est au sud. Le vent est de NW force 3, au près serré, mais la mer est peu agité permettant une bonne progression, toujours sous GV et trinquette....avec le moteur.






François s'octroie même une petite sieste (Photo 1) avant de reprendre la barre (Photo 2) ; il va même faire un tour dans le mat (Photo 3). Il est 16h30 : nous pénétrons dans un goulet assez étroit, découvrons une vaste étendue d'eau très protègée, avec juste un ponton de restaurateur, et un ou deux voiliers mouillés ; un petit paradis, quoi!





Prêts pour le mouillage ; j'ai installé l'ancre sur son chaumard, la télécommande du guindeau est branchée. Je retourne à la barre, François va mouiller. Nous arrivons sur l'erre, face au petit vent qui frisotte la surface, 5 ou 6 mètres de fond . " Tu peux envoyer l'ancre , François!".
Et là, c'est la catastrophe : François a posé sa main droite sur la chaîne pour suivre la progression de l'ancre et actionne vigoureusement le guindeau de la main gauche ; mais là, il se trompe de sens, et l'ancre violemment rappelée par sa chaîne bondit en arrière et lui écrase la main droite sur le guindeau.






Il a bien sur la main en sang, les 4 derniers doigts blessés ; je le fais vite asseoir (il ne veut pas s'allonger), avec juste un torchon pour protéger, et j'assure la sécurité en ancrant le bateau (la meilleure façon d'éviter un suraccident, par exemple en échouant). Je peux maintenant m'occuper de lui, laver et désinfecter les plaies, vérifier l'hémostase, assurer la sécurité en faisant un pansement stérile. Un rapide bilan confirme qu'il a des fractures ouvertes des 3èmes et 4èmes doigts, pas grand chose à l'index, de probables lésions nerveuses avec anesthésie de la pulpe de l'annulaire. La pharmacie de bord nous fournit aussi un bon antalgique.






Le pansement fait, François se ragaillardit un peu et crâne même en me montrant qu'il peut encore s'exprimer grace aux doigts de sa main gauche, surtout le majeur (Photo N° 5).






Je peux maintenant lever l'ancre et gagner le ponton du petit restau à l'entrée du mouillage ; il y a un médecin de garde, mais à la capitale de l'île ; le restaurateur nous propose bien d'appeler un taxi, mais François préfère que nous restions ensemble, et nous repartons pourle tour de l'île à l'envers. François bien soulagé par le DIANTALVIC et euphorisé par un tout petit pastis (association décommandée) reste plus vif sur le bateau que moi avec les deux mains. Nous mettrons 4 heures pour arriver à la nuit au port d'Astipalia ; c'est même François qui barre pour nous amener à quai à reculons, manoeuvre toujours improbable avec Ticotte que sa quille longue rend erratique en marche AR ; 3 essais ratés, puis enfin un bon, mais c'est moi qui ai trop tardé à laarguer l'ancre ; miracle, il y a une pendille, la seule du quai, juste derrière nous. Il est 10 heures du soir.

Pendant que je range sommairement, François va demander son chemin à un restaurant proche ; je me dépêche de fermer le bateau, et je le suis ; l'hotelier l'a emmené en moto au dispensaire médical tout là haut à la chora. J'ascensionne, me perd, me retrouve. Le médecin de garde est jeune et sympa ; il commence à suturer dans une pénombre peu rassurante ; je trouve un projecteur médical, l'allume, installe un peu mieux le médecin et son patient, et ils sont un peu mieux pour terminer les sutures. Pas de radio, il faudrait consulter le plus vite possible un service spécialisé ; le médecin nous propose Kos, Kalymnos ou Athènes. Il n'y a pas de ferry pour Kos ni Kalymnos, et y retourner en voilier nous prendrait une vongtaine d'heures ; par contre, il y a le lendemain un avion qui part pour Athènes en début d'après-midi ; cela nous parait la meilleure solution en espérant qu'il y aura de la place : ce sera dimanche, nous ne sommes pas en saison, et la plupart des vacanciers transitent le samedi.






Il est minuit ; nous redescendons de la chora ; François tricotte en avant alors que je butte partout ; je me dis que j'y vois de moins en moins avec l'âge. Arrivés en bas, François éclate de rire et me demande si j'ai volontairement gardé mes lunettes de soleil ; ben non ; je me suis dépêché de ranger un peu le bateau et ensuite de le rejoindre ; il y avait encore un peu de jour et le port était éclairé ; je n'y ai pas prêté attention ; par contre, descendre les escaliers mal éclairés, de nuit, avec des lunettes de soleil, autant jouer à colin-maillard. Rien à faire pour réveiller le pharmacien de garde; heureusement j'ai de l'AUGMENTIN à bord pour commencer l'antibiothérapie de couverture.

Le lendemain, François prend un taxi à midi, et par précaution je prépare le bateau pour un trajet de soirée et de nuit vers Kos si il n'y a pas de place pour lui ; un coup de fil vers 15 heures me rassure ; finalement il a eu une place par désistement et est en route vers la consultation spécialisée en chirurgie de la main à l'hopital Kat à Athènes. Il sera vu le soir même ; les spécialistes grecs estiment qu'il n'y a pas de geste à effectuer en urgence différée et qu'il peut regagner la France. Par téléphone je lui donne les coordonnées d'un collègue spécialiste en chirurgie de la main à Orléans, donc près de chez lui. Il rentrera dès lundi et pourra le consulter aussitôt. Maintenant, sa main est...dans de bonnes mains ; mais une intervention différée sera peut être indispensable, sans compter la rééducation.
François aura même la délicatesse de me faire rapporter par Alix une boite d'AUGMENTIN et des compresses pour reconstituer la pharmacie de bord, difficile à réachalander à l'étranger. En Grêce, certains pharmaciens m'ont délivré ce que je demandais sans rien me demander, d'autres ont regardé avec pitié ma carte de médecin français en refusant de me vendre même une boite de DIANTALVIC sans ordonnance d'un médecin grec!

De Marmaris à Chalkis et Nisiros 19 au 23/05
















Le 19, réveil à 6 heures ; rapide petit déj ; un petit coup de VHF pour demander assistance au départ : notre bateau est engoncé le long du quai, et il est plus facile de se faire aider par les marineros de garde que de se débrouiller seuls ; de toute façon, il ne nous laisseraient pas partir de la marina sans avoir vérifié notre viatique de sortie. Sortie de la marina à 7 heures.
On nous a tellement dire de mal du port de Rhodes où on est mal reçu, où les ancres s'entremêlent que nous décidons de laisser tomber et d'aller à Chalkis, une petite île au nord ouest de Rhodes dont nous gardons un excellent souvenir (cf équipée sur le KOTAYA en fin de saison, l'année dernière).






Sortie sans problème du golfe de Marmaris, et trajet nez au vent, donc moteur et grand voile, mais sur une mer peu agitée. Il ya de la place au ponton à Chalkis et nous sommes vite amarrés à 18h30 (Photo 1 ). Vous avez remarqué que nous ne prenons pas la route prévue vers la Crête, mais François préfère visiter les Cyclades du sud, et l'Est de la Crête n'a pas un intérêt phénoménal vu de bateau.






La petite escale est toujours aussi charmante, et nous y passons une journée de farniente. Départ le 21 à 8h50, NNW, toujours vent dans le nez, grand voile, moteur et trinquette, au près serré, vers une petite Île carrée du Dodécanèse, siège d'un volcan qui intéresse François (et moi!). Après avoir longé la côte N (Photo 2), nous allons à quai au port de Mandraki, à l'angle NW de l'île, mais des français qui ont une maison dans l'île nous conseillent plutôt de retourner au petit port de Palon sur la côte nord, beaucoup plus accueillant ; ce que nous faisons dès le lendemain matin.






A Palon, nous louons deux scooters et partons dans le cratère du volcan. Puis nous décidons de monter à pieds sur son rebord ; François gambille en tête comme un jeune homme, moi je traîne la patte derrière ; je me suis fait un claquage à la cuisse gauche en glissant sur une flaque de boue à MARMARIS trois jours avant, et en plus mes tendons d'Achille se rappellent vite à bon souvenir.





La vue est vraiment magnifique ; le grand cratère en contient un petit, et à côté un petit cône volcanique néo-formé dont les parois s'ornent de taches jaunes de soufre (Photo N°3). Chemin faisant, je trouve même une mue de serpent (Photo 4) ; je continue en tapant des pieds pour bien prévenir ces reptiles nudistes de mon passage.






Le petit village de NIKIA se révèle ravissant et nous déjeunerons sur la place du village à côté de l'église et du dispensaire médical (Photo N°5).






Au retour en fin d'après-midi, nous passons prendre de l'essence pour les scooters, et faisons remplir deux bidons de 10 litres de fuel pour le diesel du bateau. Une omelette aux pommes de terre et aux tomates pour le dîner. Nous pourrons repartir le lendemain de cette petite île charmante, pas trop submergée par les touristes, au moins en ce joli mois de mai.

Retour à Marmaris, départ de Lilou, derniers préparatifs 14 au 18/05




Tout à une fin, et il faut bien quitter nos amis d'Uçhisar et les délices de Cap...padoce. Allez, une dernière photo prise d'une salle troglodyte joliment ajourée (photo 1), et une photo d'un camion décoré pour la route (N°2) ; je n'ai pas grand chose d'autre pour illustrer.
Marco nous a indiqué des raccourcis, et nous revenons d'une traite à Marmaris le 14. Cela fait un jour de bonus pour mieux préparer le bateau ; finir les vernis, nettoyer le teck du pont et le traiter.



Lilou part le 16 et j'ai gardé la voiture de location pour la conduire à l'aéroport de Dalaman. Elle a la gentillesse de ramener la grosse valise que j'avais eu la bêtise d'apporter sur Ticotte où elle n'aurait trouvé sa place nulle part. Bien que la valise soit à moitié vide, elle aura mal au dos après et je vais culpabiliser ; mignonne, elle me dira que c'est sans doute l'équipée en méhari.
François arrive le 17 et aide aux préparatifs ; il nettoie l'annexe qui avait sans doute été stockée dans la boue sous le bateau, et qui se révèle incontinente : elle se retrouve à plat en deux heures! Le moteur HB est encore en panne malgré l'hivernage ; c'est encore le mélange qui s'est coagulé dans les tuyaux! Allo NOKTA et dépannage rapide.


Ticotte est tellement pimpante que j'ai envie de changer la cuisinière encore opérationnelle mais toute rouillée ; les délais sont trop courts et je laisse tomber.
Nous faisons les derniers préparatifs le 18, je règle les quelques euros encore dus pour eau et électricité (chance, il n'y a que quelques personnes devant moi, et cela ne prend pas plus d'une heure et demi ; la semaine dernière, tout le monde voulait partir en même temps, et certains ont du attendre la journée entière pour pouvoir recevoir leur bulletin de sortie.



Tout est prêt, nous pourrons appareiller le 19 dès l'aube.

Dernier jour de Cappadoce 13/05

















Je ne vous raconterai pas toutes les églises rupestres, car il y en a plus que de tabacs dans un quartier parisien. Elles ont pratiquement toutes le même plan, avec sur le parvis ou dans l'entrée, des excavations rectangulaires danslesquelles on manque se casser la figure et qui sont des tombes ; puis une nef avec des peintures murales (pas des fresques qui nécesitent un enduit préalable ; les peintures rupestres sont peintes directement sur la roche). L'autel comporte sur la gauche habituellement des fonds baptismaux.





Après avoir visité un peu superficiellement un musée en plein air avec une église rupestre tous les 20 mètres,à l'entrée de la vallée de Soganli, nous avons continué tous les deux seuls une ballade extraordinaire dans la vallée au milieu des cheminées de fée transformées en pigeonniers (il y en a bien plus que dans la vallée des pigeonniers du premier jour). Féérique et vraiment magnifique, cette ballade dans une nature tourmentée par endroits, paisible au milieu des vergers et des peupliers bordés par un petit ruisseau ailleurs. Un enchantement de parcourir cette vallée sans rencontrer un téléobjectif derrière chaque arbre ; une seule rencontre, un berger avec son troupeau de boeuf. (photos 1 à 4)






Avant de quitter la Cappdoce, encore une petite aventure plus personnelle qui doit se situer le 13 dans la soirée ; encore un musée en plein air, je ne sais plus où, encore des églises pleines de japonais mitraillant au flash malgré les interdictions le peu de peintures rupestres encore en bon état. Nous sortons un peu lassés, et un kilomètre plus loin, une église isolée à visiter ; hors site.
Un sentier engageant, l'absence d'autre touriste nous engage et au bout de 500 mètres, nous trouvons effectivement une église troglodyte, et son gardien turc. Il parle quelques mots d'anglais, nous donne quelques explications sur l'histoire et la topographie de son église puis disparait. Il nous laisse le temps d'assimiler, puis vient ajouter un détail ; disparait, revient et nous engage vers une porte dérobée. Cette visite si discrètement mais efficacement guidée devient passionnante ; on découvre des salles dérobées, puis un premier étage protégé par une pierre de meule comme je vous en ai montré une dans la ville souterraine de Derinkuyu. Du premier étage transformé en pigeonnier, il m'engage à explorer avec la lampe électrique qu'il me prête (Lilou a abandonné) un souterrain d'une vingtaine de mètres (mais pas plus d'1m40 de haut) ; il précise qu'il y a un ascenseur au bout, et de faire bien attention à ne pas tomber , effectivement dans une salle à nouveau protègée par une meule il y a un trou profond dans le plancher. Un peu étonné je sors du labyrinthe pour le retrouver en train de discuter avec Lilou devant le thé qu'il a préparé pour nous.






Il me demande si j'ai vu l'ascenseur et me renvoie vers une salle éloignée où je trouve le bas de "l'ascenseur". Cette cheminée d'une cinquantaine de cm de diamètre portait des échelons sculptés dans la paroi permettant à de robustes gaillards de monter ou de descendre en rappel comme le faisaient autrefois les petits ramoneurs savoyards dans les cheminées de nos ancêtres.
Après cette visite personnalisée d'une église qui servait également de refuge à la population environnante, nous prenons le thé avec lui. Il a raconté à Lilou ses malheurs : tumeur cérébrale opérée et irradiée (il enlève sa casquette pour bien nous montrer. Depuis, il est fatigué (on le serait à moins) et n'arrive plus à cultiver son jardin. Il a pris ce travail de gardien mais s'ennuie un peu : il n' a vu que 6 visiteurs dans la journée, nous compris.






Il réalise que je suis médecin à une question que je lui pose sur sa maladie, et se met en devoir de se déshabiller pour me montrer des boutons qui sont apparus pour son corps et qui le démangent. Après une hésitation, illumination : c'est un zona. Je le lui explique et lui fait un petit mot pour son médecin qui n'a pas fait le diagnostic (l'éruption est souvent atypique au tout début. Enthousiasmé par mes dons, il est prêt à se déshabiller encore plus d'autant qu'il reste gêné depuis le port d'une sonde vésicale et souffre d'un prurit mal placé! Nous avons un peu de mal à faire cesser son strp tease à la ceinture en l'assurant que ces problêmes secondaires seraient très bien réglés par son médecin une fois le zona guéri. Nous l'avons quitté très touchés de sa confiance, émus par la calme et le sérieux avec lequel il racontait ses misères. Nous sommes ses invités à vie pourprendre le thé ou revisiter l'église dès que nous repasserons.










Pour éviter les doublons, je vous montre simplement la cheminée "ascenseur" par lesquels les assiégés pouvaient communiquer avec l'extérieur et se faire ravitailler (photo 5)