mardi 19 août 2008

A MARMARIS DU 15 AU 19/08 (fin)





Ticotte est toujours aussi belle au sortir de l'eau (photo 9), et plutôt propre sauf l'hélice (photo 10) qui a perdu tout son antifouling et arbore quelques coquillages revenus se nicher après mon grattage sous-marin à Gozçaada. Le bateau est calé sur ber avec beaucoup de soins, tout près de la darse ; l'équipe la passe au karscher, puis un tracteur soulève le ber et l'emporte sur son lieu de stockage (photo 11), ce qui permet de serrer davantage les bateaux et de les déplacer éventuellement en fonction des opportunités et de la date prévue de remise à l'eau, sans faire intervenir le grand travelift. Le calage définitif est complèté par des étais en bois (photo 12).



J'ai encore le temps de laver le génois, de déjeuner, puis je m'effondre pour une sieste d'une heure pendant que le foc sèche suspendu à son mat. Il fait 37° dans le bateau, alors qu'à l'eau, la température avoisinait 30° ; pour information, la température de l'eau est de 27°5.



Bon, c'est pas tout ça, mais faut qu'on se quitte ; emporté par le blog, j'ai encore veillé jusqu'à deux heures 30 du matin, et demain, il faudra rejoindre Jean Yves à Göcek dans l'après-midi!

A MARMARIS DU 15 AU 19/08 (suite)





Mais il faut prendre contact avec le club NOKTA, que je finis par découvrir non sans mal(photo 5), près de la Netsel marina, qui borde toute la ppartir est de la ville. L'accueil de Cécile et Emilia est chaleureux, et Jeff, le responsable technique, viendra voir Ticotte dès que je serai admis dans la marina. Un saut en dolmus jusqu'au bureau de la marina ; on s'explique mieux de vive voix qu'à la radio. Je pourrai avoir une place lundi 18, en m'annonçant sur le canal 72 à la VHF.J'avance aussi les lessives en lavant les taies d'oreillers à la main ; repasse une couche de lasure sur le liston (bordé en bois qui entoure le pont), les bittes d'amarrage et le 1/4 de rond qui entoure le cockpit; passe une couche de vernis sur toutes les parties extérieures du cockpit pour les protéger du soleil d'hiver ; je hisse le pavillon NOKTA à babord (photo 6), puisque pour la première fois je fais partie d'un club! Je retiens même pour 3 jours à l'Otel Puppa, car entre le retour de la croisière avec Jean Yves et mon départ vers Paris (début septembre, les prix commencent à se tasser), le séjour prolongé sur Ticotte à terre ne me tente guère compte tenu de la canicule. Sur l'eau, la température intérieure est déjà à peine supportable, mais à distance de cette régulation thermique, ça ne doit pas être tenable plus de 2 jours.


Lundi arrive, je prends contact avec Yacht marina par radio, mais pas de réponse ; un coup de téléphone me rassure : je suis bien attendu. Dix minutes de traversée, bien sur sans déplier les voiles, un dinghy se présente dès que je m'annonce à la VHF, et me guide vers une toute petite place le long d'un quai où je suis vite amarré avec l'aide efficace des marineros du dinghy. Une heure chez les James Bond girls du staff administratif pour établir le contrat ; il faut dès maintenant déterminer la date de remise à l'eau, et la respecter sous peine de pénalité! ce sera le 4 mai 2009. Il ya la wifi, et la possibilité d'imprimer les documents sur les ordinateurs mis à disposition. Tout est très propre et très bien organisé pour un tarif très inférieur à la ruineuse marina d'ATAKOY (mais Istanboul oblige!).


Jeff passe me voir et prend note de tous les travaux que je demande. Les devis seront prèts lorsque je reviendrai de croisière le 28. Je commence à démonter les voiles (photo 7); les plaisanciers de passage sur le quai me proposent de l'aide pour enfourner les voiles dans les sacs. Il y a même un grand bac pour laver les voiles et un mat à côté pour les sécher; pratique, Port Camargue devrait bien en prendre de la graine ; les tarifs des voiliers pour laver les voiles en France sont tout à fait prohibitif, et le self service ne demanderait pas beaucoup de place.


Le 19, je vais voir les grutiers à 9 heures pour connaitre l'heure prévue pour m'accueillir ; en fait c'était le bateau qu'ils attendaient à 9 heures ; pas de temps à perdre, j'entre dans la darse à 9h15 ; le vent s'est levé et risquait de m'empêcher d'appareiller, mais les grutiers ont appelé les marineros qui me décoincent en tirant transversalement l'avant du bateau avec leur hors-bord. La procédure est plus longue qu'à Port Camargue car un plongeur (photo 8) fixe lui même les sangles en vérifiant de visu qu'elles ne risquent pas d'endommager les parties fragiles ; la veille j'avais démonté l'hélice du loch par précaution.

A MARMARIS DU 15 AU 19/08 (début)





Ca sent la fin de croisière. Ticotte est à 1 km de son lieu d'hivernage, Alix, la dernière équipière est partie, et rentrera sans encombre. Je commence à faire sur l'ordinateur la liste des multiples tâches à accomplir pour que l'hivernage se passe sans encombre.


Quelques photos de la petite marina Yat Puppa où j'attends une place à Yacht Marina ; c'est bon enfant, avec une baignade calme, la visite du taureau du coin, très pacifique, qui après avoir vérifié la correction des lieux enverra ses vaches se baigner à la tombée de la nuit (photos 1 à 4).


C'est surtout une entreprise de charters qui va se réveiller pendant le week-end pendant lequel toute l'équipe nettoie les bateaux au fur et à mesure de leur arrivée, change le linge de bord, retape les avaries, accueille les nouveaux équipages, les assiste lors de leur départ...avant de retomber dans la sympathique léthargie de la semaine.


Je sympathise avec un couple de français qui laissent leur voilier à l'année dans ce joli lieu (en fait l'équipe le prend en charge en saison, mais le confie à la grande marina pour l'hivernage). Roland est normand, et nous échangeons nos souvenirs du val de Saire qui a enchanté mon adolescence lors des vacances de Pâques.

vendredi 15 août 2008

De SYMI à Marmaris. Formalités et départ d'Alix (fin)





Un petit fort enclavé sur une butte dans le port rappelle le passé de la ville, mais toue la façade du port recèle des restaurants racoleurs, aux décors parfois franchement Kitsch! (Photo 9). Décidemment, je préfère la petite Puppa Yat marina que je retrouve au coucher du soleil (photo 10) pour attendre ma place à terre.

Le 14, c'est la course pour les papiers ; le matin, Alix fait une grande lessive, pendant que je contacte le club NOKTA, club français installé près de la Netsel marina, et qui oriente et surveille pour ses adhérents les divers travaux effectués pendant l'hivernage. Vers 11 heures, trajet en dölmus jusqu'à la douane, 1,5km avant le centre ville ; l'important est qu'Alix ait un tampon sur son passeport puisqu'elle repart ce soir. Mais non, il faut d'abord aller à la capitainerie du Port de Marmaris pour établir un transit log (j'ai refusé ce matin les services de la Puppa marina qui me demandait 125 € pour faire les démarches).


Le batiment trouvé grâce aux indications que nous a fournies ce matin un couple français installé à demeure à Puppa Yat, un sémillant officier en uniforme nous apprend qu'il faut d'abord acheter le transit log à la chambre de commerce maritime. Ah oui, juste à côté ; non ce batiment là est fermé, il faut tourner à gauche, puis à gauche et encore à gauche.


Recherches infructueuses pendant plus d'une heure, avec le soleil qui tape, d'autant que les indications nous conduisent dans un dédale de galeries couvertes, version moderne d'un Grand Bazar. Nous finissons par retourner à la capitainerie. Le même officier nous prend en pitié, et a la gentillesse de nous conduire lui-même ; effectivement, le bureau de la chambre de commerce maritime est réduit à une petite échope en plein milieu du bazar!


Dans l'échope, un bureau climatisé, avec une étiquette qui nous avertit "dont even think to smoke here", et deux jeunes femmes en train de fumer comme des pompiers (dont even think to smoke, do it). Elles sont charmantes, et nous vendent un transit log (76 YTL, soit environ 40€) que je remplis consciencieusement. Nous repartons à la capitainerie mais il faut prendre un ticket ; il y a la queue. L'officier nous explique que c'est lui qui signera en dernier, mais qu'avant, il faut retourner dans l'enceinte de la douane pour recueillir d'abord les tampons du service de santé, de la police et de la douane.


C'est reparti pour 3km par 40° à l'ombre (mais ya pas d'ombre!) ; les gardiens de la zone nous reconnaissent et ne nous demandent même plus de signer pour nous remettre un badge pour pouvoir circuler. Premier bureau, fonctionnaire aimable, qui nous envoie à un autre fonctionnaire aimable qui tamponne nos feuillets. Ensuite c'est plus compliqué car un départ pour Rhodes est en cours, mobilisant les policiers et les douaniers. Un peu d'attente que nous mettons à profit pour nous gaver d'eau fraiche gracieusement distribuée par une fontaine, puis une femme policier vient nous chercher et tamponne nos feuillets ; au milieu des passagers pour Rhodes, les douaniers nous prennent en charge et tamponnent itou. Les pauvres, ils doivent attraper des tamponnites (version alixienne du tennis elbow adapté à ces fonctionnaires zélés). Les gardiens récupèrent le badge à la sortie et paraissent très joyeux du succès de notre démarche! Quel peuple adorable, dommage qu'ils n'aient pas encore eu l'idée de grouper leurs démarches.


Le cauchemar est presque fini ; mais il faut aller vite sur le retour à Marmaris car nous avons cru comprendre que la capitainerie fermait à 5 heures. A 17 heures 02, nous y sommes ; l'officier sort de son bureau, nous félicite, et nous fait passer devant tout le monde pour appliquer majestueusement le tampon final.


Voilà un épreuve que l'on pourrait ajouter aux jeux olympiques qui se déroulent parait-il à Pékin : épreuve multisport, gagnée par celui qui obtiendrait son transit log en plein cagnard, en se déplaçant à pieds, et sans dopage ni bakschich s'il vous plait.


Après cette épreuve sportive, je me sens vraiment épuisé (d'ailleurs je l'avais signalé au service de santé, mais ils n'ont pas voulu en tenir compte!) ; Alix fait ses derniers achats, et je trouve enfin un troquet où je déjeune tardivement d'une grande salade, et de deux super-chopes....d'Ayran bien frais (vous vous souvenez, cette boisson turque que j'adore, faite de yoghurt, d'eau et de sel?)


Alix qui ne m'a pas retrouvé est repartie au bateau, faisant encore à pieds le trajet jusqu'à la douane avant d'attraper un dolmus ; je la rejoins vers 19 heures, à bord d'un dolmus parti du centre ville ; incontestablement, c'est elle qui a gagné l'épreuve du jour. Mais nous avons économisé 85€! ça ne me console pas des 200 escroqués à Cannakale lors de la première entrée, mais tout de même!!!


Bon, tout ça, c'est sans photo. Ah si : Alix doit prendre le bus pour Izmir, cette nuit, à 3 heures du matin, et a monté un plan à la Alix. Elle s'est liée d'amitié avec un jeune serveur de l'hotel, qui la convoira en dolmus, une fois son travail terminé (vers 23 heures), l'aidera à porter ses bagages, et lui tiendra compagnie en attendant le bus (photos 11 et 12) .

De SYMI à Marmaris. Formalités et départ d'Alix (suite)





Le paysage est magnifique, avec des îlots couverts de pins (photo 5) gresillants de cigales. Nous laissons Marmaris pour nous enfiler plus à l'est au fond du golfe et nous présenter à la Yacht Marina où Ticotte doit être mis à terre dans 6 jours ; pour le moment, pas de place pour m'accueillir.


Qu'à cela ne tienne, juste en face, Rod Heykell décrit un petit ponton devant le Puppa Otel, très tranquille, avec quelques places libres ; nous nous présentons face au vent, il y a des pendilles, des bornes pour l'eau et l'électricité, des sanitaires. Le rêve, d'autant que le dolmus qui fait la navette entre les deux grosses marinas passe toutes les 20 minutes. Et en plus les prix sont très modérés ; un mystère car il s'agit d'un petit coin de rêve, et je ne comprend pas que les voiliers préfèrent mouiller dans la baie plutôt que de profiter de cet agréable confort.


Je fais un petit tour en dolmus (pour mémoire taxis collectifs très pratiques et bon marché), jusqu'à Marmaris, surchargée de touristes, avec une centaine de bateaux d'excursions, et parait-il le soir beaucoup de bruit.


Ici Atatürk, ou du moins sa statue, a adopté un style Lénine, avec casquette, mais tout de même un noeud papillon ; deux gamins s'amusent à dévaler la pente du socle (photos 6 et 7). Plus loin, je crois à un nouveau déguisement de Mustapha Kemal, mais c'est un cosmonaute turc qui a participé aux space follies américaines! (photo 8).

De SYMI à Marmaris. Formalités et départ d'Alix (debut)





Départ vers 8h30 du joli port de Symi (photo 1) ; notre est accrochée à la chaîne d'ancre du voisin chypriote, mais avec une manoeuvre arrière, et l'aide du voisin qui relache de la chaine, le problème est vite règlé. Ce n'est jamais un gros problème avec des gens coopérants, mais ça peut l'être si les accrochés prennent ça comme une offense personnelle ; pour tout vous dire, j'avais posé ma chaine bien droite alors que la sienne partait un peu en biais, mais que celui qui n'a jamais pêché jette la première pierre!


Le meltem, qui à cette latitude prend une direction ouest, et même sud-ouest à Marmaris, est bien faiblard ; vent arrière nous nous trainons et les voiles fasseyent (photo 2) ; nous n'échapperons pas au moteur, après divers essais perturbés par des changements fréquents de direction du vent. Une libellule vient nous rendre visite (photo 3) ; moi qui rèverait d'un bateau avec hélico sur la plage arrière, c'est un peu petit une libellule, mais c'est tout ce que Ticotte peut accueillir dans le genre!


Après avoir contourné et suivi par le sud la longue péninsule turque de Bozgurun (pas sur du nom, mais la peux pas verifier) , nous arrivons dans le golfe de Marmaris Photo 4).

De KOS à SYMI 11 et 1208 (fin)




Nous déjeunons chez Dimitri, dont le menu intéresse visiblement les gros mangeurs (photo 11 en fait inversion avec la precedente).


Dans l'après-midi, nous pourrons remplir les réservoirs d'eau assoiffés mais je renonce à laver le pont : l'île est approvisionnée par bateau-citerne. Alix va également refaire nos provisions de bouche, et même de fuel.


Agréable balade en ville à la nuit (photos 12 et 13) et une excellente pizza ; c'est vraiment une île sympathique et accueillante, pas encore bouffée par le tourisme de masse. Seul inconvénient, la musique déversée par un bar situé juste devant le nez du bateau ; mais rien ne pourrait m'empêcher de dormir ; et tout redevient silencieux après minuit.