vendredi 15 août 2008

De KOS à SYMI 11 et 1208 (suite 2)





La nuit, le mouillage est très calme ; nous restons toujours à distance respectable de nos voisins. Au matin, KOTAYA est parti vers 6 heures, non sans que Jean Yves n'ait eu la gentillesse de rapporter à mon bord, sans nous réveiller les tongs oubliés par Alix la veille. Quant à nous, nous décidons de faire le tour de l'île jusqu'au port de Symi décrit comme charmant par Rod Heykell. Pas d'urgence, ce n'est qu'une balade de 3 heures.


Pendant que je prépare la navigation, de nouveau le voisin s'en prend à Alix en lui disant qu'elle a gâché sa nuit et qu'elle est une "stupid black people"! Quand je monte sur le pont, il a disparu dans son bateau. Je n'ai pas rêvé, nous sommes tombés sur le dernier des boers à tronche de hollandais volant, nostalgique du bon temps de l'apartheid, poli avec les blancs, arrogant avec toute personne ayant du sang noir ; les 30 mètres étaient sans doute la distance minimum requise pour qu'un pauvre arrièré de petit blanc névrotique puisse dormir tranquillement au voisinage d'un noir! Alix est métisse, vous l'aurez remarqué, pour moi, elle n'en est que plus jolie.


Le contournement de Symi est enchanteur ; la mer et le vent sont calmes, et j'en profite pour emprunter les passages entre les îlots (photo 7), et au nord, le cheminement entre SYMI et NIMOS qui est d'un magnifique bleu turquoise, là où la profondeur n'excède pas 4 mètres (photo 8).
La jetée du port porte une belle tour horloge (photo 9); il n'est que 13 heures et il reste des places ; Alix jette l'ancre arrière, et passe les amarres avant à un employé du port. A nos côtés un magnifique voilier transporte une sympathique famille chypriote. Ma chaine d'ancre passe par dessus la sienne ; pas grave, demain, nous serons les premiers à partir. Les touristes défilent devant les boutiques (photo 10) ; la plupart ne viennent que pour la journée et repartent le soir par les bateaux d'excursion.

De KOS à SYMI 11 et 1208 (suite)




Pas commode à voir en approche, l'entrée de la petite crique où nos amis nous ont conviés ; sur la photo 4, elle se situe juste là où la filière du bastinguage coupe la mer au pied de la muraille rocheuse. Nous y voilà (photo 5), la faille étroite débouche sur un plan d'eau apaisée, avec un grand monastère sur le rivage. Un peu de peine pour trouver une place ; Jean Yves qui a reconnu Ticotte vient nous voir à la nage et nous montre son magnifique voilier, KOTAYA II, avec son lazy bag flambant neuf, juste au centre de la photo 6.


Il nous met en garde contre le fond d'algues dont la tenue peut être incertaine avec des ancres CQR ou Delta comme les miennes, et nous invite à l'apéritif. Il a à peine quitté le bateau qu'effectivement pendant que nous montons l'annexe, les voisins sur un sympathique catamaran nous interpellent ; pas de doute, nous dérivons doucement, l'ancre a lâché. Nouvelle manoeuvre pour trouver une autre place, avec plus de fond que la première, et en mouillant 4 fois la profondeur au lieu de 3. Il n' y a pas beaucoup de place, mais j'ai bien choisi mon point d'ancrage ; en tournant, Ticotte passe 15 mètres devant le nez d'un petit bateau.


Mais le propriétaire sort sa tête de temps en temps et interpelle Alix en anglais en lui ordonnant de foutre le camp. Lorsque je vais lui demander quel est son problème, il me sort une histoire d'intervalle obligatoire de 30 mètres (ce qui n'a aucun fondement) et réitère, mais très poliment sa demande pour que nous allions mouiller loin de lui, ce que je refuse tout aussi poliment. Il part ensuite dîner en dinghy, le chapeau de paille sur sa tête accentuant sa ressemblance avec un Vincent Van Gogh qui aurait gardé son oreille et mal vieilli.


Nous l'oublions, allons prendre un sympathique apéritif sur le KOTAYA, et faisons la connaissance de Philippe et de son épouse, du frère de celle-ci, et d'un autre couple d'amis basés à Marmaris qui nous font profiter de leur expérience. Nous évoquons l'histoire de notre voisin, Jean Yves me confirme qu'il n'y a pas de distance réglementaire entre deux bateaux mouillés du moment qu'ils ne risquent à aucun moment de se toucher lorsque ils tournent sur leur ancre en fonction du vent. Intrigués par son pavillon que nous ne connaissons pas, nous cherchons dans les bouquins : c'est un sud africain.

De KOS à SYMI 11 et 1208 (debut)




De Kos à Symi, il faut prévoir 9 heures de route ; pas besoin de se lever trop tôt. J'ai reçu un mail de Jean Yves qui sera ce soir au mouillage de Panormittis, au sud ouest de l'île de Symi, avec Catherine, et Philippe , son frère et copropriétaire du First 415 pour lequel il a abandonné son Mélody Atalante sur lequel il naviguait lorsque j'ai fait sa connaissance en Sicile. Nous changeons donc la route pour les y rejoindre.


Pas de gros problème en route ; F6 pendant la plus grande partie du voyage, mais nous savons maintenant le gérer au portant, avec juste le génois non arisé. Le loch ne fonctionne plus; malgré le petit coup de peinture antifouling que j'avais rajouté sur son hélice, il y a un mois, des coquillages ont du venir le coloniser. Une fois la route et les voiles bien établies, je débarasse ma couchette de ses coussins, vide la baille à légumes qui se cache dessous, sort l'antenne du loch et gratouille son hélice effectivement parsemée de petits coquillages (photo 1). On remonte, on range, et ça fonctionne! Gratifiant, le bateau!


Devant la pointe sud-est de la longue presqu'île turque de Datça, au cap Deveboynu burnu, un remorqueur peine à tirer une barge contre le vent sur une mer croisée (photo 2); dans le même coin, l'épave récente d'un cargo échoué est là pour nous rappeler que la mer n'est pas toujours aussi clémente 'phote 3). Dans ces parages, il ne doit pas faire bon tomber en panne de moteur quand la tempête vous drosse à la falaise et qu'on n'a même pas une voile pour tenter de se tirer du mauvais pas.

De PATMOS A KOS 9 et 10/08 (fin)




A mon retour, je retrouve Alix près du dinghy échoué. En manoeuvrant pour accoster à la jetée, un ferry a créé suffisamment de vagues pour qu'il arrache complètement son attache déjà endommagée, et se retourne, moteur dans la flotte. Heureusement, Alix qui revenait de ses démarches, l'a remis à l'endroit presqu'aussitot ; nous le tirons à sec, loin des fureurs des faiseurs de vagues, le vidons. Mais le moteur, quoi faire? En principe il faudrait le rincer à l'eau douce ; rincer quoi ? l'extérieur, le carburateur, le cylindre. Le mode d'emploi est sur le bateau! Partant du principe qu'il est resté tête en bas moins d'une minute, je vote pour l'optimisme, et l'abstention.


Alix a fait chou blanc avec les agences de voyage qui n'ont aucun renseignement sur les bus turcs, et nous passons 2 heures dans le café internet de la veille à explorer toutes les possibilités. Finalement, une place est retenue pour un bus Marmaris - Izmir dont le seul inconvénient est de partir à 3 heures du matin, il y a une navette toutes les 1/2 heure entre Izmir et Ayvalik ; le ferry qui rejoint Lesbos partira d'Ayvalik à 18 heures comme dans mon souvenir, et ce matin Alix a retenu une chambre à Lesbos pour attendre le départ de son avion le lendemain matin. Ouf!


Un bon déjeuner - diner (il est 17h30), un coup d'oeil à un joli piètement de table modern style abandonné (?) qui me plait bien (photo 9) et nous rentrons ; eh oui, miracle, le hors-bord a démarré du premier coup et ne semble garder aucune séquelle de son petit bain de mer. Il reste à le monter à bord, à hisser et dégonfler le dinghy, puisque nous ne pouvons plus le tirer derrière Ticotte.


Le soleil se couche sur la muraille du chateau des chevaliers de l'ordre de St Jean (photo 10) qui avaient occupé Kos le temps de leur installation à Rhodes, avant qu'ils n'en soient délogés par Soliman le magnifique et se replient sur Malte. Nous sommes seuls au mouillage, les soldats ont fini leur aubade pour amener le drapeau ; quelle paix par rapport à la ville envahie par les hordes de touristes.

De PATMOS A KOS 9 et 10/08 (suite)




Mais après la salade grecque et une ébauche de sieste, voilà qu'Alix s'inquiète avec raison de l'attache du dinghy. Déjà à Patmos, après les coups de butoir de la mer (vous comprendrez mieux quand je vous ferai passer les vidéos!), nous avions constaté que l'attache avant par lequel Ticotte le tire par le bout du nez commençait à se déchirer, mais cette fois, visiblement la déchirure s'aggrave. Nous le hissons péniblement à bord et l'assurons aux chandeliers tribord. Belle prise semble dire Alix (photo 5)! Ensuite, elle s'exerce aux joies du tangonnage du génois, juste quand, dans le détroit qui sépare la pointe est de Kos du continent turc, le vent ragaillardi par effet Venturi nous refait un petit coup de F6 pendant une demie heure.


Arrivée à la marina de Kos ; une marina active, pour une fois ; l'appel VHF sur canal 09 n'entraîne aucune réponse, et ce n'est qu'à l'entrée de la marina, dont le brise-lame porte le nouveau canal d'appel :77, que nous sommes poliment éconduits. Plus de place, et le conseil d'essayer au port, distant d'unb petit nautique. Essai tout aussi infructueux au port, où une dizaine de gros promène-couillons archi-bondés manoeuvrent en tout sens, et deux ou trois voiliers s'essouflent à essayer de rentrer en marche arrière au quai contrés par un vif vent traversier. Nous quittons ce capharnäum, pour aller mouiller entre port et marina, un peu abrités par un retour de la jetée du port qui sert d'amarrage aux cargos ; il y a déjà trois bateaux, et nous sommes rejoints par deux autres également échaudés.


Un petit tour à terre, après avoir vérifié que l'ancre tient bien ; Ticotte, toujours reconnaissable sa silhouette élancée, et à son petit mat a bien fière allure, vue du quai (photo 6). Le choc d'un bord de mer bourré de touristes aoûtiens déplorablement standard, deux heures au café internet du coin pour vous transmettre le blog précédent (celui de Patmos), un bon repas chinois (faut bien changer du grec, de temps en temps, et puis là, il n'y avait personne!), et nous rentrons à bord vers minuit, tous gais, guidés par le feu de mouillage que je n'avais pas oublié d'établir.


Dimanche matin, nous sommes réveillés à 8 heures par une escouade de soldats avec fanfare qui viennent hisser le drapeau (photo 7) comme je l'avais déjà vu dans une autre île. Derrière eux, un batiment administratif reconstruit après le tremblement de terre de 1933 (comme toute la ville) par les italiens qui ont occupé l'île de 1912 à 1943 ; parait-il que c'est dans le style vénitien! plutôt modern style avec une touche mussolinienne. Nous décidons d'aller à terre, moi, pour vésiter l' Asclépion de Kos, Alix, pour glaner des renseignements pour structurer son retour à Lesbos d'où elle doit décoller le 16 au matin. Nous laissons, comme la veille le dinghy accroché à la balustrade de la jetée, à quelques mètres de la plage de galets.

De PATMOS A KOS 9 et 10/08





Le matin du samedi 9 août, nous levons l'ancre tranquillement, et laissons derrière nous le joli port de Skala Patmos (photo 1) et sa baie aux multiples échancrures. Nous nous faufilons entre les écueils et les ilots pour trouver la mer libre ; l'un de ces ilots me plait particulièrement avec sa maison unique (habitée?) et ses cultures en espalier abandonnées (photo 2).


Alors que le vent a molli (F4, parfois 5), la mer reste houleuse en souvenir du coup de vent des jours derniers (photo 3). Nous roulons beaucoup sous foc seul ; serait-ce mieux avec la grand'voile ; j'en doute car tous les voiliers qui font la même route au portant ne sortent que les voiles avant.


Après avoir doublé l'île de Leros ,par le nord, nous suivons son flanc est pendant deux heures. Ile favorite de Paolo (est-ce parce qu'elle recèle une marina gratuite?), elle est défavorisée par ses antécédents d'hébergement psychiatrique dans des conditions qui ont fait réagir la communauté européenne dans les années 90, ou son adoption par les ineffables colonels comme lieu de détention des prisonniers politiques. Connaissant Paolo, je suis certain qu'il y a gouté le charme des îles sans surcharge touristique. Malheureusement, nous ne pouvons pas nous arrêter partout ; Alix doit être à Marmaris le 13 pour retourner sans problème à Lesbos par le bus jusqu'à Ayvalik, puis le ferry vers Lesbos d'où elle rentrera à Paris ; et moi je ne dois pas trop tarder à arriver à la Yat Marina de Marmaris que j'ai choisie pour hiverner. Un mail du club Nokta, et un SMS de l'ami PLANTEY m'ont prévenu qu'il n'y avait plus de place pour hiverner à quai ; Jean Yves arrivé à Marmaris depuis le 3 août s'est enquis d'une place pour moi, et sur ses conseils j'ai téléphoné pour fixer la date de mise à terre pour l'hivernage : le 19 août. Ensuite je passerai une semaine sur le nouveau voilier que Jean Yves vient d'acquérir à Marmaris avant de retrouver la France.


A midi et demi, sur babord, Leros cède le paysage à Kalymnos (photo 4).

samedi 9 août 2008

De KHIOS à PATMOS, un voyage agité, et Brève visite de Patmos 7 et 8/08/08 (fin)





Tout de même une anecdote : l'office du tourisme qui nous fournit obligeament une carte et l'horaire des bus pour la Chora fait maison commune avec le commissariat de police ; en sortant de l'office, des personnes en garde à vue nous interpellent à travers les barreaux pour nous vendre des cartes de téléphone!! ils n'ont pas l'air grecs, mais nous ne reconnaissons aucun de nos "afghans" repêchés il y a 2 jours par Paolo!


Je passe sur la cause de la renommée de Patmos, où Saint Jean l'évangéliste, réfugié dans une grotte, a reçu la révélation de l'Apocalypse. C'est un haut lieu de culte pour le clergé grec orthodoxe, et dans mon souvenir, il y a dans cette petite île autant d'églises, couvents, chapelles que de jours de l'année!